La Poison : Moon

3 bonnes raisons d’aller voir La Poison en concert

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La Poison en live, c’est ce soir, jeudi 6 juin, à la Boule Noire (Paris 18e) et nous pouvons prédire sans trop de mal que ce trio rock excentrique et graphique embrasera la scène et le public (facile, nous les avons déjà vus deux fois). Sa principale ambition : faire danser. Pari réussi : riffs grisants, beats entêtants, voix puissante sur nappes électro électrisantes. La Poison pioche un peu chez tout le monde mais n’imite personne ! Il est encore temps de prendre vos billets pour venir vous trémousser.

1. Un groupe unique en son genre

À notre connaissance (qui n’est cependant pas infinie en matière de rock), ce groupe 100 % français n’a pas d’équivalent. Fondé par Moon (chant) et David Ménard, alias Lars Sonik (batterie et machines), le duo, uni sur scène comme à la ville depuis leurs premières armes au sein du Maximum Kouette, s’est adjoint les bons services de Daniel Jamet (Dr. Fugu), guitariste de la Mano Negra. Autant dire que ce power trio a de la bouteille.

Puisant délibérément son inspiration dans les années 50 et 80, le style néo-post-punk de leur musique louche du côté de la new wave avec ses sons synthétiques, tout en y intégrant des éléments rockabilly, dance ou soul. Pour autant, si l’on ressent ces influences, elles ne sont jamais pesantes car parfaitement digérées et réutilisées.

Par ailleurs, l’identité visuelle du groupe est particulièrement forte, dans une dominante de vert, iconoclaste sur scène. On pense immédiatement à la BD, aux comics, aux séries Z, au Rocky Horror Picture Show et ces inspirations sympathiques renforcent le côté “fun” du groupe qui, sans se prendre au sérieux, fait son job d’entertainer très sérieusement.

2. Des morceaux taillés pour le live

Leur premier album, La Poison – tout simplement – est (enfin) sorti fin avril. Deux ans que les fans, dont je fais partie (lire ici), l’attendaient, tandis que le groupe rodait son répertoire en écumant festivals, salles et bars. Quel plaisir, à la hauteur de l’attente : une galette concise de 11 titres hyper efficaces dont pas un n’est à jeter (dans La Poison, tout est bon), des chansons entraînantes, de “Super Hero”, qui ouvre, tel un hymne, le propos (chacun est un “super heros”) à “La Poison” (l’antidote pour l’amour), en passant par des morceaux plus engagés (“Mrs. Jane” sur la prostitution – l’un de mes préférés avec “The Last Train” – ou “Reach Out” sur les violences familiales).

Moon alterne anglais et français pour délivrer son message de paix et d’amour, de confiance en soi et “self empowerment”. Malgré des thématiques parfois moins drôles qu’il n’y paraît, l’espoir l’emporte toujours.

Tous ces morceaux ont été pensés avant tout pour la scène et le dancefloor, éprouvés en situation, et c’est bien en live que se ressent pleinement l’énergie physique de La Poison. En concert, le son prend toute son ampleur et nous envahit : impossible de rester immobile. L’ambiance est toujours joyeuse et festive, bon enfant, et l’on danse et saute plus qu’on ne pogote. Bien mieux que la boîte de nuit !

3. Un vent de fraîcheur

Je n’ai pas tout vu, loin de là, en matière de rock, particulièrement made in France, mais j’adore ce côté hybride de leur musique, qui ne révolutionne peut-être pas le genre, mais le renouvelle avec une sincérité réjouissante (et un savoir faire certain) – auquel s’ajoutent des personnages atypiques, presque théâtraux. D’autres groupes français, comme Shaka Ponk (inspiré de Gorillaz), ont travaillé leur identité visuelle, mais on ne peut pas vraiment comparer.

Chez La Poison, rien n’est prétentieux, tout est généreux. On est là pour s’amuser, passer simplement du bon temps ensemble.

En ces temps moroses, La Poison vient nous offrir une explosion survoltée d’optimisme et de bonne humeur : on serait fous de ne pas en profiter.

Pour en savoir plus :

Et vous, qu'en avez-vous pensé ?