Monrovia, Indiana… (re)découvrir l’Amérique

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Tant d’années à Paris sans se douter de la richesse incroyable qu’offrait l’abondance des salles de cinéma petites et grandes… cela fait désormais partie du passé ! Armée de ma carte illimitée, je deviens une fidèle du MK2 Beaubourg, dont la sélection affiche volontiers un parti pris et un engagement forts. C’est ainsi que ces dernières semaines, j’ai pu y voir notamment Ray & Liz de Richard Billingham, ou M de Yolande Zauberman, deux films très différents et très conseillés ! Mais surtout, j’ai découvert Frederick Wiseman avec Monrovia, Indiana, splendide film documentaire de 2h30.

Frederick Wiseman, c’est le maître du documentaire m’a-t-on dit. Je n’en savais rien, évidemment. Je commence à peine mon apprentissage cinématographique. Mais après avoir passé un long moment au fond de mon fauteuil, je ne peux qu’acquiescer, et remercier mon instinct qui m’a guidée par pu hasard à ce film et à cet homme.

Il a 89 ans, a réalisé près de 40 films, et il endosse tous les rôles : réalisateur, scénariste, producteur, monteur, ingénieur du son… avec un fil rouge, un moteur : montrer les hommes et leur(s) société(s), sans concession mais sans jugement.

Monrovia, Indiana est le portrait d’une petite ville des États-Unis, un cercle fermé, une communauté qui vit sur elle-même, pour elle-même. Le temps y est suspendu. On y prête allégeance au drapeau avant chaque réunion du Lion’s Club, et on se galvanise de la réussite nationale de quelques sportifs locaux comme s’il s’agissait de faits historiques déterminants. On parle agriculture, élevage, armes, religion, mais aussi du nouvel ensemble immobilier, avec son lot de nouveaux venus… On voit l’Amérique, celle que l’on dit “profonde”, celle qui pèse dans la balance, celle dont les enjeux ne sont que ceux-là : ne pas rompre l’équilibre, ne pas changer les habitudes, préserver un entre-soi qui donne, sans doute, une impression d’immuabilité. Alors que tout autour, le monde gronde et se soulève.


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